Thursday, April 25, 2013

LE LIVRE À LIRE DEMAIN


¨En vous remerciant...¨

Par ¨Robert¨ le gars du dépanneur du coin


¨Loin de moi l’idée d’être intéressant, mais la vie d’un comptoir en aurait plus loin à dire qu’un professeur de sociologie. Mon expérience par en arrière de la caisse pendant 35 ans m’a appris à quel point les gens ne sont pas comme les autres. Un dépanneur c’est comme le microscope de la civilisation québécoise de nos jours actuels. L’on y partage ethnies et communautés, sexes et races, âges et cancers, criminalité et mutation. Mais on croise aussi des pur-sang de laine, tel ¨Ti-Claude¨, un véritable Lac Saint-Jean célibataire de naissance et de 47 ans. Et bien sûr une Madame Turbide sans prétention ni but. Voici quelques extraits du journal que je m’apprête à écrire tantôt.  
-¨Robert¨

Lundi : Ti-Claude, toujours prompt quand il s’agit d’être là, arrive à huit heures pour se procurer son essentiel quotidien : Une banane, des lames de rasoir et des serviettes sanitaires. ¨La banane  n’est pas pour moi, je vous le jure¨ dit-il toujours, l’air d’une angoisse. Sacré Ti-Claude! Un véritable gouffre sans abîme!

Mardi : Que ne voilà-t-il pas Madame Turbide m’aborder un rictus en achetant 33 billets de gratteux et une boîte de Cherry Blossom.  Ma surprise ne tient plus en place, car je n’avais pas aperçu Madame Turbide depuis le temps que la croyais morte. Elle semble de mauvaise humeur en cette époque, et elle me murmure l’oreille : ¨Mange donc de la marde.¨ J’accepte avec volontiers.

Mercredi : Du plus loin que je me souvienne, j’ai interpellé une communauté arabe ce matin en lui demandant, d’une voix simpliste : ¨Qu’est-ce que tu penses des attentats de Boston l’autre jour?¨ L’arabique anglophile me rétorqua : ¨What? Boston Who?¨ J’ai été obligé de lui répondre par l’indifférence incompréhensible.

Jeudi : Un homosexuel réel débarque dans le dépanneur. Je l’ai déjà vu à l’occasion de quelques reprises. Je fais semblant de le regarder mais mes yeux restent dans ma tête. Je n’ai rien contre son choix érotique, mais mon opinion reste ferme : seule une femme a le droit d’accoucher un enfant.

Vendredi : Ti-Claude devrait faire carrière au sein de la poésie. Je ne dirais pas tout de suite qu’il a du ¨potentiel¨, mais quand il a bu ses quatre grosses quilles de Molson X, il se met à parler en langage. Mais il devient intolérable de violence verbale et tient des propos injurieux à l’envers de la machine à café.

Samedi : Madame Turbide est en beauté ce matin. Malgré ses 87 ans, elle ne lésine pas quand il s’agit du bien-être de son cheveu. Elle s’en ira bruncher au restaurant  ¨Le Délicieux : Buffet continental¨ avec sa nièce, ¨une hostie de vache¨ pour parler de l’héritage d’un vieux coffre de cèdre. ¨Elle l’aura pas, mon coffre, c’est rien qu’une maudite chienne.¨ Ah! La pittoresque!

Dimanche : Dimanche, je suis remplacé par Martine, 17 ans, déjà douée d’un corps digne des années 50.  


Saturday, April 13, 2013

LE SCANDALE INADMISSIBLE DU STUPRE


LA RUBRIQUE DU SCANDALE EFFRAYANT
Une fois de plus, Le Jour des vidanges, proche du vrai monde, tâche ici de susciter un véritable tsunami d’indignation populaire. Imitant un peu les efforts de ces preux reporters et chroniqueurs du Journal de Montréal, nous voulons dénoncer la ¨petite corruption¨, celle des crapules sordides sans envergure qui piochent à même les taxes publiques pour s’offrir des cadeaux et s’adonner à des gestes onanistes qui défient non seulement la morale mais la raison pure.
CE ¨MONSIEUR¨ S’EST PROCURÉ DU PLAISIR INADMISSIBLE
(AVEC LES ARGENTS DU CONTRIBUABLE)
UN GIGANTESQUE REPORTAGE-ENQUÊTE DE L’AGENCE QMI (Luigi)
 -Longueuil ou presque
Plus de 52 dollars canadiens ont été dilapidés par ¨Robert Fictif¨, propriétaire de 62 ans et d’une boîte d’entreprise qui n’a pas remboursé ses retours de TPS-TVQ depuis 17 jours ouvrables. Au lieu d’agir en citoyen payeur, l’homme s’est procuré des biens matériels pour usage de divertissement pervers sales, à l’insu du contribuable moyen. 10 dollars en frais de bière alcoolisée (Carling forte), 10 dollars pour un magazine comportant des femmes sexuelles (l’exemplaire de Marie-Claire, mars 2013), 20 dollars pour un étrange objet oblong à des fins intro-érotiques, et le reste pour un souper-repas d’une pizza garnie livrée à domicile.  ¨La texture et l’odeur de la pizza rappellent le vice du stupre inadmissible¨, relate le lieutenant Hugues Ramsay, qui a dirigé la perquisition. ¨Oui, cette pizza sent le vice inadmissible, la corruption du stupre¨, répéta-t-il à plus d’une occasion pendant cinq minutes, nous invitant à humer les restes de ladite pizza. ¨Sentez-moi ça. C’est l’odeur du crime de stupre vicieux inadmissible¨, fulminait le policier en grignotant une croûte ¨pour vérifier.¨ Cet énigmatique ¨Robert Fictif¨ aurait également gaspillé une somme supplémentaire de 2 dollars pour un paquet de dragées au menthol. ¨Deux dollars pour un tel produit, c’est excessif. Il y a usurpation. Le contribuable moyen a été floué. Et l’odeur, la texture, le goût de la pizza litigieuse en disent long sur la nature inadmissible du délit de stupre¨, fustige le lieutenant Ramsay. L’ultime croûte de pizza sera envoyée au laboratoire puis examinée en vue de prélever, s’il y a lieu, des traces de sperme.
Note : Nous n’avons pu rejoindre le contribuable moyen en raison de son nombre.
-Luigi, QMI. 

Saturday, April 06, 2013

LE LIVRE DU SAMEDI


Nous, au Jour des vidanges, encourageons la relève. Aussi faisons-nous appel, pour la rédaction des textes, à des pigistes et des stagiaires, tous jeunes, glabres, souples et volontaires. Voici une première entrevue-critique menée par le sémillant Clotaire Dunwich du cégep de l'UQAM. 

Nicolas Ciccone, sa plume, son écrivain
UNE ARTICLE DE CLOTAIRE DUNWICH

Le charmeur de pommes Nicolas Ciccone, reconnu pour sa voix dans le vent, se sort maintenant la plume pour nous écrire un livre romanesque. Le livre se déroule à l’intérieur de 253 pages, ce qui est totalement assez, aux dires du principal individu. ¨Ce nombre de pages était le but de mon objectif¨, confie Nicolas en esquivant un sourcil.  L’histoire du livre raconte celle d’un personnage qui vit. D’autres personnages viendront se greffer autour de lui lors de cette histoire, des personnages olibrius tels que Alain. ¨Je dois avouer que Alain symbolise mon frère Éric, mort à l’âge de l’an dernier.¨ Un beau mélange de tragédie et de chaleur sont au centre du rendez-vous dans ce roman qui laisse le lecteur au bout d’une chaise pendant les 253 pages. Mais le roman comporte également de la tendresse et un peu de cul cru. ¨Je n’ai pas eu peur de mettre de l’érotisme en son sein. Mon langage utilisé s’inspire de la réalité d’aujourd’hui. Des mots comme ¨double fellation en calèche¨ ou ¨dans l’anus par en arrière¨ font leur apparition¨, explique l’humain en fronçant un rictus. Mais l’auteur tient à préciser qu’il n’est pas, dans sa vie,  un maniaque sexuel et que, souvent, marcher dehors se suffit à lui-même. ¨Je suis une personne simple qui sait se sustenter de peu. L’odeur d’un lac, d’un hamburger ou de mon meilleur ami me font l’affaire!¨ Quant à propos du titre de son livre, Nicolas ne l’a pas inventé dans le dictionnaire. ¨C’est un titre qui m’est tombé dessus un mardi. J’étais assis¨, précise-lui. Rendu là... sera disponible dans des magasins culturels. Voici un extrait :

¨Alain arriva sur les lieux avant Sylvie¨
                                    -Nicolas Ciccone, Rendu là... page 35.