Friday, February 27, 2009

LE TÉMOIGNAGE VIBRANT # 1087875




LE TÉMOIGNAGE VIBRANT

L’intimidation scolaire, une expérience nourricière
Par Carlos Prote

"Bonjour. J’ai été victime de l’intimidation cruelle pendant tout le long de mon secondaire. L’on me brisa une côte ou deux à l’aide du coup d’un poing. L’on lacéra mon âme à l’aide de mots cruels tels que « J’espère que tu pleures chaque soir toutes les larmes du cosmos en pensant à la vacuité de ta personne » L’on déféqua même dans ma boîte à lunch sur un sandwich aux œufs et du tapioca. Et je témoigne ici que je méritais abondamment de me faire niaiser dessus comme ce cela. J’avais l’air laid et je sentais l’oeuf et le sperme sec. Je méritais d’être fessé dessus abondamment par divers compatriotes De plus, ma voix était celle d’une perdrix isolée et mon physique d’adolescent grassouillet ressemblait un peu au Boulevard Métropolitain. Oui, j’en ai mangé des volées, et d’autres choses encore moins nommables (scolopendres, terre aride, fèces, laine d’acier.) Mais je le méritais abondamment car je faisais dur sans aucune raison. À quoi bon faire dur? Je m’excuse auprès de tous ceux qui m’ont pété la gueule jusqu’au sang. Je m’excuse aussi à leurs familles et à leurs proches. Faire dur devrait être interdit par le premier ministre du gouvernement. Je m’excuse aussi abondamment au nom de tous ceux qui ont ruiné la vie des gens qui font dur. Faire dur n’est pas très gentil pour l’autrui de tout un chacun. Grâce à l’intimidation scolaire de violence, j’aurais pu suicider. Heureusement j’ai compris les clés de la vie et j’ai arrêté de faire dur vers l’an 1996 du 20e siècle. Ma photo ci-dessus explique tout ce que je veux dire. Sur cette image criante de crudité, j’obtiens l’âge de 40 ans et je m’affaire à regarnir la pelouse dans la sagesse de l’oubli. Voilà hop!"


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Monday, February 23, 2009

LE TÉMOIGNAGE VIBRANT # 8743858



Contrairement, je ne suis aucun homosexuel.

Par Marcel Proulx


"Par la présente, j’aimerais que la rumeur cesse de penser que je suis homosexuel d’un bord ou de l’autre. Si j’étais homosexuel, je le serais! Des bruits courent à l’intention que j’aurais malencontreusement rencontré une fellation à base masculine dans les toilettes du bureau d’un bureau, mais rien ne saurait ne pas être aussi vrai que ce mensonge. Ma réputation a pris son rhume pour une grippe, j’ai délesté mon emploi à force d’être dans l’humiliation et dans les toilettes. Cette fellation masculine n’était pas nécessairement adressée à moi, et c’est grâce à une erreur qu’elle m’est survenue comme une sorcellerie. Voici les fins fonds du détail : J’étais seul et je parcourais le journal avec mes lunettes en produisant un étron calmement. Ma surprise fut au rendez-vous lorsqu’un individu introduisit sa bouche à l’égard de mon « pénis. » Cet individu, d’apparence moderne, s’est emparé de mon sperme avant d’évaporer la nature. Aurais-je été victime d’un viol buccal? Aurais-je subi la fellation à mon grand insu? Depuis ce jour, mes collègues masculins me hurlent d’amitié en me donnant des regards. Ma vérité est le contraire. Je convoite en justes noces avec une épouse qui me sied. Mon but est d’obtenir un enfant ou douze. Mais les rumeurs survivent quant à ce qui a trait. Que faire or donc?"



Réponse : Suce-toi

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Friday, February 06, 2009

DÉSIREZ-VOUS UN SAC?

J’ai quand même un peu vécu. On m’a soumis souvent à l’interrogatoire. Mon âge, mon métier, mes revenus, mes occupations etc. On m’a posé mille questions à propos de mon emploi du temps, de mes allées et venues et des gens que j’ai vus. Où étais-tu? Qu’as-tu fait? Avec qui? Mais il y a cette formule fabuleuse, cette question surprenante à connotation fétichiste, posée sans arrière-pensée par d’honorables commis et qui ne cesse de m’intriguer :
Monsieur, désirez-vous un sac?
Que répondre à cela? J’ai envie de rétorquer
Oui, je désire ardemment un sac, mais ne m’appelez pas monsieur!
Ce serait presque drôle!


En prime, ci-dessus : Des sacs Bernard Arcand. Anthropologue et intello de service à la télé et à la radio. Il disait des choses fabuleuses à propos de n’importe quoi. C’est un héros pour moi, un modèle d’écriture, même si je n’ai ni BAC ni DEC, j’ai lu tous ses calices de livres!